Faculté de théologie et de sciences des religions
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Jacques Grand’Maison (1931-2016)

2016-11-09 | IN MEMORIAM

 

Jacques Grand'Maison

Photo de Jacques Grand'Maison prise le 18 septembre 1992. Division des archives.
CRÉDIT : BERNARD LAMBERT.


Notre ami et collègue Jacques Grand’Maison est décédé dans la nuit du 5 au 6 novembre dernier. Son départ représente une grande perte, non seulement pour chacun et chacune d’entre nous, à la Faculté de théologie et de sciences des religions, mais aussi pour l’ensemble de la société québécoise. Dans tous les milieux, il a été un interlocuteur écouté et respecté tant par la pertinence des questions qu’il soulevait que par le souffle prophétique de ses analyses.

Originaire de Saint-Jérôme, Jacques Grand’Maison fait des études au Grand Séminaire de Montréal avant de devenir prêtre. Il obtient une licence en sociologie de l’Université grégorienne en 1962 et un doctorat en théologie de l’Université de Montréal en 1964. De 1967 à 1997, il est professeur à l’Université de Montréal où il figure parmi les pionniers lors de l’intégration académique et administrative de la Faculté de théologie au campus de l’Université de Montréal. Pendant ses 30 ans de carrière universitaire, il a mené une réflexion unique sur l’évolution sociale et religieuse du Québec moderne en posant un regard lucide sur les grands enjeux éthiques de notre société. On lui reconnaît également son approche pluridisciplinaire puisant non seulement à la sociologie et à la théologie, mais également au droit et à la psychologie.

Dans les années 1990, il a mené une consultation pour dresser un profil socioreligieux des résidents de la région des Basses-Laurentides et a dirigé une vaste enquête sur les pratiques sociales, culturelles et religieuses des populations de divers milieux et groupes d’âge de six régions du Québec. Ses recherches nous ont légué une série de publications marquantes sur la question des générations.

Auteur prolifique, il a signé une cinquantaine de livres. Il a aussi collaboré de manière assidue aux quotidiens La Presse et Le Devoir. Son dernier livre, Ces valeurs dont on parle si peu (Carte blanche 2015) est un recueil de textes, revus et augmentés, tirés d’un chronique publiée dans un journal de Trois-Rivières au début de 2015. L’écrivain le considère comme son testament spirituel : « Ce qui est le plus précieux pour les générations qui nous suivent, ce sont nos valeurs et nos convictions », confiait-il au journaliste de Présence info lors de la sortie du livre.

Le témoignage de Fernand Dumont sur l’héritage du prêtre sociologue est éloquent : « L’œuvre de M. Grand’Maison est considérable, tant par le volume des écrits que par leur portée. Elle situe son auteur au tout premier rang des théologiens et parmi les sociologues les plus estimés. Elle a renouvelé un grand nombre de questions : théologie de l’Église, des signes, de la mission pastorale; étude du développement social, des nouvelles formes de stratification, du pouvoir, des générations et de leurs valeurs... La finesse des analyses y rejoint l’étonnante étendue de l’érudition. M. Grand’Maison n’est pas seulement un chercheur, un savant et un professeur. Depuis longtemps, il s’est engagé dans l’action sociale où il a apporté sa lucidité et son dévouement. À ma connaissance, il est peu d’exemples d’une pareille conjonction du savoir et du don de soi. »

Jacques Grand’Maison a reçu le Prix des sciences humaines du gouvernement du Québec en 1970 pour son livre Vers un nouveau pouvoir (HMH 1969), le Prix Esdras-Minville de la Société Saint-Jean-Baptiste, en 1982, pour l’ensemble de son œuvre, le Prix de la fédération des sciences sociales au Canada en 1990 et, en 1997, le Grand Prix du Conseil de la culture des Laurentides. L’Université de Sherbrooke lui a décerné un doctorat honoris causa en 1987 et l’Université Laval en 1998. Il a aussi été promu officier de l’Ordre national du Québec en 1996.