Faculté de théologie et de sciences des religions
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Islam et modernité politique

2015-12-09 | CONFÉRENCE PUBLIQUE

 

Madame Meherzia Labidi, conférencière invitée

Une conférence sous le thème de « Islam et modernité politique » a été organisée mercredi 2 décembre par la Faculté de théologie et des sciences de religions de l’Université de Montréal, en partenariat avec la Chaire de recherche en gestion de la diversité culturelle et religieuse et le Groupe de théologies africaines subsahariennes. La conférence a été co-animée par la professeure Denise Couture et le doctorant Abdelaziz Djaout.

En introduction à l’intervention de la conférencière principale, Abdelaziz Djaout a présenté le parcours de l’État tunisien depuis sa naissance au milieu du XIXe siècle et jusqu’en 2011. Ce survol historique a ainsi permis de faire ressortir la tension de la double normativité, religieuse et séculariste, qui anime les institutions et les élites politiques tunisiennes.

Lors sa conférence, Mme Meherzia Labidi, une représentante à l’Assemblée nationale tunisienne pour le parti Ennahda, a d’abord rappelé les sources intellectuelles et militantes qui ont façonné l’engagement politico-religieux de son parti. Ainsi, selon la conférencière, Ennahda, à l’origine un mouvement préoccupé essentiellement par l’action culturelle et cultuelle, a investi le champ de l’action politique en militant en faveur de la promotion des droits politiques et socioéconomiques du peuple tunisien grâce à l’influence religieuse de l’école dite du « malékisme réformiste » de l’ouléma Tahar Ben Achour, auteur d’une importante exégèse du Coran sous le titre évocateur de Tahrir wa tanwir (« Libérer et éclairer »), et, d’autre part, en côtoyant les militants politisés du Mouvement des démocrates tunisiens (MDS) et de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT).

Mme Labidi a ensuite présenté les dialogues qui ont permis à l’Assemblée Constituante de la IIième République tunisienne de rédiger et de voter une constitution considérée par plusieurs observateurs comme l’une des plus avant-gardistes du monde arabe et musulman. En fait, forte d’une expérience de première main - elle a occupé le poste de première vice-présidente de l’Assemblée constituante (2011-2014) – Mme Labidi a illustré ce dialogue en partageant avec l’assistance les discussions à la fois riches et difficiles qui ont entouré la rédaction des articles de la constitution les plus sensibles, à savoir ceux qui portent sur la nature républicaine et civile de l’État tunisien, le rapport de la religion musulmane aux institutions de cet État, la protection des libertés religieuses et de conscience, le statut de la femme, etc.

À la fin de la conférence, un riche dialogue s’est ouvert entre la conférencière et l’assistance, qui était composée d’une cinquante de chercheurs et d’étudiants de l’Université de Montréal mais aussi des autres universités montréalaises. La conférence a été suivie d’un goûter au cours duquel les échanges informels se sont poursuivis entre les personnes participantes.